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Mélodie, du sport "survie" au sport "plaisir"

08/11/2016 Mélodie, du sport "survie" au sport "plaisir"

Mélodie est adhérente L'Appart depuis 2014. Atteinte de la mucoviscidose, elle a d'abord choisi le sport pour survivre mais elle en fait aujourd'hui par plaisir. Le fitness lui a permis de repousser la greffe de poumons et de gagner des points de vie et de confiance en l’avenir. Rencontre avec une battante ultra-motivée et pleine d'énergie.

Pour ceux qui ne connaissent pas très bien cette maladie, pouvez-vous nous expliquer ce qu'est la mucoviscidose et en quoi le sport peut aider les personnes atteintes ? Y a-t-il une différence au niveau de l’entraînement avant et après la greffe des poumons ?

« C'est la première maladie génétique mortelle en France. On a tous un mucus dans les poumons mais lorsqu'on est atteint de la mucoviscidose, ce mucus est trop épais. Donc il encombre les poumons ce qui entraîne des essoufflements et des surinfections puis des insuffisances respiratoires sur le long terme. Elle ne se guérit pas mais se traite. Lorsque l'insuffisance respiratoire est trop avancée, le seul recours est la greffe pulmonaire. »

Depuis quand pratiquez-vous un sport ? Est-ce quelque chose qui a toujours fait partie de votre quotidien ?

« Je ne faisais pas de sport du tout jusqu'à mes 18 ans. À l'école j'étais dispensée en cours d’éducation physique. Je n'arrivais pas à suivre. Surtout qu'à l'époque, je ne parlais pas du tout de ma maladie et je n'aimais pas le fait de me sentir diminuée, que tout le monde me regarde. Je n'étais pas bien.

À mes 18 ans, les médecins m'ont parlé d'une greffe et ça a été un électrochoc. Le ciel m'est tombé sur la tête, je n'ai pas accepté ça du tout. Les médecins m'ont alors proposé un réentraînement à l'effort, c'est-à-dire du tapis de marche et du vélo chez un kiné. J'étais sous oxygène lors de ces séances et ça m'a permis de gagner environ 10% de capacités respiratoires et surtout j'ai repoussé la greffe de 4 ans ! »

Comment vous êtes-vous mise au fitness ?

« J'allais beaucoup chez le kiné mais au bout d'un moment à faire toujours les mêmes exercices, ça m'a un peu usée alors j'ai continué ces séances mais en parallèle je me suis inscrite à L’Appart fitness pour essayer de faire d'autres activités à côté. A cette époque je ne pouvais pas encore pousser sur le cardio. Chez le kiné je marchais à 5/6 km/h avec 1,5 L d'oxygène envoyé par masque. À la salle, je faisais des exercices de musculation mais sans cardio car je n'avais pas l'oxygène.

Après la greffe ce n'était pas facile car après trois mois, couchée, sans rien faire j'avais perdu mes muscles. Pour les retrouver ça a été compliqué ! Pour donner un exemple, lorsque je suis sortie de l'hôpital j'ai essayé de faire un squat et je n'ai pas réussi à me relever. Je me suis motivée à aller à la salle 4 fois/semaine et aujourd'hui je fais mes squats avec une barre de 25 kg. On peut dire que le progrès est flagrant ! 

La greffe ne guérit pas la muco, mais mes poumons n'ont plus la maladie. Je n'ai plus besoin de faire les soins. J'ai les poumons d'une personne normale donc je respire. J'avais 15% de capacités respiratoires, maintenant j'en ai 84%. »

Quelle est votre activité fitness préférée et pourquoi ?

« Le Body Pump. J'aime l'ambiance du cours et même si c'est dur, je suis contente après chaque séance d'avoir fait ce que j'ai fait. De m'être surpassée et d'avoir accompli quelque chose. »

Quels bienfaits le fitness vous a-t-il apporté ?

« Ca me permet d'entretenir mon souffle, même si aujourd'hui je n'ai plus vraiment de problèmes respiratoires. Mais surtout je peux enfin contrôler mon corps, faire ce que je veux. Tant que je peux aller à la salle, j'irai. Avant mon objectif c'était la survie, aujourd'hui ce n'est plus du tout ça. J'ai des objectifs comme tout le monde : "se muscler", "se défouler". C'est ça que j'aime ! »

Que diriez-vous aux personnes atteintes de la mucoviscidose qui ont peur de pratiquer un sport ?

« Même si c'est dur, il faut se surpasser car ça aide vraiment. Trente minutes de vélo pour sauver sa vie et repousser une greffe ce n'est pas grand chose. Pour moi au début c'était super dur, je toussais, je crachais, mais j'ai continué car je savais que j'allais gagner du temps et que ça allait repousser l’évolution de ma maladie. Et c'est valable même lorsque l'on n'est pas malade : même si c'est dur, ça vaut le coup de se motiver. »

"Le Fitness vous rend meilleure" ?

« Moi ça m'a rendu meilleure par rapport à la maladie, mais aussi psychologiquement ça m'a vraiment aidée. »

Quelle est la musique qui vous motive le plus?

« J'écoute souvent cette musique car elle parle d'un jeune garçon qui a la mucoviscidose. Quand je l'écoute j'ai l'impression que c'est un peu la bande-son de ma vie. Ça me motive pour aller courir ! »

 

Un grand merci à Mélodie pour avoir répondu à nos questions et avoir accepté de partager son expérience. 

Crédit photo Jamie Street

 


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