• UN MOMENT AVEC

Maxime Marotte, champion du guidon

19/12/2017 Maxime Marotte, champion du guidon

Maxime Marotte pratique le VTT cross-country, seule discipline de VTT présente aux Jeux Olympiques, et s'entraîne depuis ses 17 ans. En 2016, il termine à la 4ème place des Jeux de Rio. Un palmarès qu’il doit à un mental d'acier et à un entraînement intense, composé notamment de séances de renforcement musculaire à L'Appart Fitness d'Aix-les-Bains où il s'entraîne depuis l'ouverture du club. Rencontre avec un champion du guidon.

Bonjour Maxime, peux-tu nous expliquer ce qu’est le cross-country ?

C'est la discipline de VTT la plus répandue. Il s'agit d'un circuit sur 4 à 5 kilomètres avec alternance de montées et de descentes que l'on parcourt pendant 1 heure 30. Le départ se fait en ligne. Tous les coureurs partent en sprint en même temps, c'est assez impressionnant : en championnat du monde, on part à 100 ou 150 coureurs ! Aux J.O. c'est plutôt une soixantaine de coureurs car les places sont limitées. En France, seuls 3 coureurs sont sélectionnés pour participer en fonction de leur palmarès l'année des Jeux.

Comment t'es-tu entraîné pour les J.O. ?

Le vélo c'est mon métier, donc je m'entraîne à haut niveau. Je suis entouré de professionnels et de sponsors. J'ai toute une équipe : un préparateur physique, un entraîneur, un kiné, un ostéopathe, des médecins, mais aussi des ingénieurs, des préparateurs de suspensions et des mécaniciens car c'est aussi un sport mécanique.

Qu’est-ce qui t’a amené à t'entraîner à L'Appart ?

Je suis alsacien et ambassadeur de la Région Grand-Est. Je peux donc profiter des infrastructures de la Région, notamment des salles de musculation et du Palais des sports. En suivant ma copine, j'ai changé de région donc je ne peux plus bénéficier de ces infrastructures. Pour moi c'était important de trouver une salle qui me corresponde, ici en Savoie.

J'étais dans une autre salle avant à Aix-les-Bains mais c'était moins flexible sur les horaires. À L'Appart Fitness, il y a une belle plage horaire pour s'entraîner et il y a un bon contact avec l'équipe que j'ai trouvée très sympa.

Au niveau équipement, ce sont des machines de dernière génération et il y a beaucoup de charges libres ce qui est indispensable pour un athlète de haut niveau. Pour mon entraînement physique, je travaille l'équilibre et la proprioception. C'est primordial !

À l'heure actuelle, la tendance dans le fitness est de diminuer au maximum les prix des abonnements et de mettre des machines guidées, pour avoir moins de besoins au niveau de l'encadrement, donc moins de coachs à rémunérer : heureusement, ce n'est pas le cas à L'Appart Fitness ! On est bien encadré grâce aux coachs de L’Appart, on peut leur demander des conseils sur les positions, au moindre doute, donc éviter les risques de blessures et maximiser l’entraînement physique. Et ça c'est vraiment un plus !

Quelle est l'importance de la préparation physique dans ton sport ?

La préparation physique n'est pas encore ancrée dans le milieu du cyclisme pourtant c'est très important. Les études le montrent. Avec l'équipe de France, nous sommes suivi par l'INSEP à Paris qui nous conseille de faire de la préparation physique pour réussir dans notre sport.

Lorsque tu vas à L'Appart, tu es entouré par ton équipe ?

Non car mon entraîneur et mon préparateur physique sont à Besançon. Ils me préparent des plans d'entraînement et on fait le point lorsqu'on se voit. J'ai mon kiné sur Annecy qui me conseille si j'ai un doute sur les mouvements. Mais au quotidien, ils ne sont pas sur place à L'Appart. Je viens seul donc c’est important pour moi d'avoir des coachs compétents et disponibles dans la salle.

Quel entraînement suis-tu ?

Ça dépend de la saison. À l'heure actuelle, j'essaie de prendre de la masse musculaire car je suis l'un des coureurs les plus légers du circuit et on m'a conseillé de prendre 1 ou 2 kilos de muscles pour gagner en puissance.

En hiver, on est plutôt sur de la préparation générale. On fait beaucoup de renforcement musculaire. Plus la saison approche, plus on cible les objectifs : on se concentre sur les jambes, avec un travail en stato-dynamique  c'est-à-dire maintenir une position comme un squat, et d'un coup on remonte sans sauter. Le but est de travailler avec de la vitesse, avec des exercices plus "nerveux", on recherche l'explosivité avec des charges moins lourdes. L'explosivité est une composante importante de mon sport. Cette capacité d'accélération, de changer de rythme rapidement est fondamentale. Il faut pouvoir être tonique sur les montées.

La préparation physique vient en complément du travail sur le vélo. Les deux sont liés. Souvent, je m'entraîne en salle le matin et l'après-midi je suis sur le vélo et je fais des exercices complémentaires à ceux du matin.

À quelle fréquence vas-tu à L'Appart ?

Ça dépend de la saison là aussi ! En ce moment j'y vais 3 fois par semaine et en pleine saison j'y vais 1 à 2 fois par semaine.

Qu'est-ce que le VTT t'apporte au quotidien ?

C'est avant tout ma passion. Depuis gamin je fais du VTT. Si je me lève le matin, c'est pour faire du vélo. Les moments que l'on vit, comme aux J.O. ou aux championnats du monde sont incroyables. Il y a une telle d'adrénaline !

Et pour moi, c'est aussi cette combinaison entre l'effort physique, le dépassement de soi-même et le pilotage qui m'a attiré. On prend des risques, il y a la vitesse. Je me lève aussi pour ça ! Arriver à repousser mes limites et travailler pour aller plus vite.

En plus, on est sur un sport mécanique et on développe des innovations avec les ingénieurs et les mécaniciens. On passe énormément de temps à régler nos suspensions, à faire des tests de pneus avec les manufacturiers de pneus. C'est intéressant - fascinant même ! On cherche à optimiser la performance. Avoir le meilleur matériel possible est une composante clé dans un sport mécanique.

Quels conseils pourrais-tu donner à quelqu'un qui veut pratiquer le VTT ?

Il faut être passionné. C'est le moteur numéro un car sans cela, on ne peut pas se dépasser. La passion, ça permet d’être fort mentalement. Et il faut être bien entouré. La réussite de la plupart des sportifs de haut niveau passe par là. La réussite d'un vététiste ce n'est pas une performance individuelle. On peut avoir cette impression en regardant une course mais derrière moi il y a toute une équipe. Le rôle du sportif de haut niveau c'est de réussir à fédérer tous ces gens. De faire en sorte que la mayonnaise prenne.

Le réseau se fait au fil des années. Ça commence par un club à l'échelle locale, pour connaître les personnes compétentes et susceptibles de nous aider. Ensuite, ça se fait par étapes : le niveau régional puis national, et mondial. Ça ne se fait pas du jour au lendemain…

Il faut avant tout bien se connaître et savoir ce qui est bon pour soi.

Est-ce que tu suis un régime particulier pour “performer” ?

Bien-sûr ! L'hygiène de vie est une composante importante de mon sport : sommeil, nourriture, hydratation. Je suis un régime pauvre en gluten, sans y être intolérant. Un médecin assure mon suivi micro-nutritionnel, pour un haut niveau de diététique.

Le sport est déjà très impactant sur le système immunitaire et sur l’intestin. L'effort les “sur-sollicite”. On a donc décidé de retirer en partie le gluten qui crée de l'inflammation et agit négativement sur le système immunitaire.

Je mange équilibré, j’évite le sucre le matin pour garder un taux de glycémie bas. Donc pas de confiture ni de pain blanc. Je mange beaucoup de gras le matin comme du beurre, du fromage blanc, des fruits secs, des amandes, de la purée de noix de cajou… Et des fruits pour les fibres qui ne sont pas des "bombes à sucre" contrairement aux jus de fruits. Le matin, c'est le meilleur moment pour manger gras car on ne va pas le stocker. Un taux de glycémie bas fait que le corps puise dans les graisses.

As-tu une recette pour l'hiver ?

J'aime bien les épinards pour le fer, juste cuits à l'huile d'olive, avec par exemple du riz et du poulet. Je mets de l'huile de colza dans tous mes plats pour les Oméga 3, c'est une des clefs pour tomber le moins souvent malade possible et conserver un haut niveau. Je mange aussi des maquereaux et des sardines, pour les Oméga 3.

Quel sport outdoor pratiques-tu en complément du cross-country ?

Tous les sports d'endurance. Et en hiver, j'aime bien faire du ski de fond. Je trouve que ça correspond bien aux vététistes pour le travail en montée et les descentes. Je fais aussi beaucoup de vélo de route… évidemment ; )

Quel est ton prochain grand rendez-vous ?

L'ouverture de la coupe du monde le 10 mars en Afrique du Sud ! Et puis les J.O. en 2020…

Un grand merci à Maxime Marotte d'avoir répondu à nos questions, et bonne chance pour la suite, on croise les doigts !

Cet article vous a intéressé ? Découvrez d’autres entretiens avec des sportifs de haut niveau qui s’entraînent à L’Appart Fitness :

Alexandre Girel, champion de jetski

Olivier Zylka, gagnant du Grand Prix des Titans

Sylvain Bréchet, champion de France handisport en snowboard-cross

Romain Lombardo, champion du monde de full contact chez les moins de 65 kilos.

© Photo Michele MONDINI

 


Articles associés