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Ludovic Giret, coaching martial au pays de la boxe thaï

12/01/2018 Ludovic Giret, coaching martial au pays de la boxe thaï

Ludovic Giret est entraîneur de muay thaï, un art martial thaïlandais. Passionné depuis son jeune âge par la boxe, il forme aujourd’hui des jeunes à la discipline grâce à son association Sit Berk Baan et à un partenariat avec L’Appart Fitness Belley qui met à disposition de ses « nakmuay » (boxeur) ses équipements. Rencontre avec un « Khru muay » (professeur de boxe) qui forge un mental d’acier à ses futurs champions, dont Esref et Fahem.

La boxe thaïlandaise, une culture au-delà du sport

"Sawadee Khrap" (« bonjour » en thaïlandais et formule de salut avant la séance).

Comment vous êtes vous rencontrés tous les trois, Ludovic, Ersef et Fahem ?

Je suis l’entraîneur principal et président du Sit Berk Baan, une association de muay thaï. J’ai rencontré Esref et Fahem à l’entraînement.

Depuis combien de temps es-tu membre L’Appart ?

Depuis son ouverture. Je connais très bien Olivier, le manager de la salle de L’Appart Fitness Belley et nous avons mis en place un partenariat. Il met à ma disposition une salle de cours collectifs lorsqu’elle est libre. Je l’utilise avec mon association de muay thaï.

De mon côté, je donne des conseils pour tous les cours type aéro-boxe qui se tiennent à L’Appart Belley.

Qu’est-ce que le muay thaï et quelles sont les origines de ce sport ?

Le muay thaï ou boxe thaïlandaise en version en française est une discipline martiale codifiée depuis 1930. Ce sport de combat est communément nommé « la science des huit armes ou l’art des huit atouts ». Le muay thaï trouve son origine dans les pratiques martiales ancestrales du « Muay Boran » (« boxe traditionnelle » ndlr) datant de près de 2000 ans.

C’est une discipline venant de l’Asie du Sud-Est et c’est même le sport national en Thaïlande.

Comment as-tu commencé ce sport de combat ?

Je suis passionné d’arts martiaux depuis ma plus tendre enfance. J’ai commencé par le karaté shotokan (discipline du karaté, ndlr) à l’âge de huit ans, en 1990. Passionné du pieds poings et souhaitant plus de contact, je me suis orienté dès l’âge de 11 ans (en 1993) vers un club de boxe anglaise (pratique exclusive des poings), faute de boxe pieds poings près de chez moi.

J’ai pratiqué la boxe anglaise en tant que compétiteur pendant de nombreuses années. J’ai été champion régional, zone, inter-zone, vice champion de France, champion de France, en UNSS et en club. En parallèle, avec des amis, on mixait nos acquis de boxe anglaise et de karaté en faisant de la boxe pieds poings.

À ma majorité en 2000, j’ai rencontré un Thaïlandais, Monsieur Pan, pour lui proposer de m’entraîner. Il a accepté et c’est devenu un ami cher. J’ai ensuite eu la chance de réaliser mon rêve de gosse : partir au pays du muay thaï pour m’entraîner et me perfectionner dans les camps du nord de la Thaïlande. Je boxais 4 à 6 heures par jour, du lundi au samedi. J’ai même boxé pour l’anniversaire du roi dans le centre de la Thaïlande.

C’est en 2009 que j’ai rencontré « Pi Baan » mon Ajarn (ou Kru, ce qui veut dire « Maître »). Avec un ami, nous l’avons aidé à ouvrir son propre camp d’entraînement dans son village, en pleine campagne thaïlandaise. Depuis j’essaie d’y retourner aussi régulièrement que possible : 4 mois en 2011, 2 mois en 2013 puis 2 fois 15 jours en 2017. J’envoie en Thaïlande certains de mes amis et élèves désireux d’y aller pour vivre l’expérience muay thaï.

Grâce à l’obtention des diplômes nécessaires à l’enseignement de la boxe thaïlandaise, j’ai pu intégrer l’équipe de formateurs nationale. Aujourd’hui, j’entraîne des jeunes dans mon association, comme Esref, tout juste 18 ans et qui deviendra sûrement champion du monde ! Esref a un physique imposant depuis tout jeune. Il est d’origine bosniaque, il est né à Sarajevo. Il est arrivé en France à l’âge de 3 ans environ, en 2003.

Coaching de fer pour mental d’acier

Esref a poussé la porte de notre club de boxe anglaise en 2009 : il avait 8 ans. Je rentrais d’un long séjour en Thaïlande pour la boxe thaï. J’étais encore boxeur et non entraîneur.

Esref me regardait souvent m’entraîner seul en muay thaï. Un jour, il me demande si je veux bien l’entraîner. Il a été mon premier élève et depuis cette année 2009, il est extrêmement assidu, il ne loupe aucun cours. C’est un jeune déterminé et il progresse extrêmement vite.

J’ai immédiatement détecté en lui un réel potentiel, rare. Ce jeune homme est une pépite. Il a des valeurs, il est attachant, agréable, timide, très respectueux, déterminé, humble et avec un grand cœur. Des qualités qui font les grands hommes et les grands boxeurs.

En 2012, je l’ai emmené à Paris pour la coupe de France de muay thaï qu’il a remportée. Depuis, il gagne tous ses combats. Il est champion régional, zone, inter-zone, vice-champion de France et champion de France.

Dans quelques années, il prendra un titre mondial. Nous travaillons pour le porter au plus haut, il travaille dur et il y arrivera. Il est en parallèle bon élève en BTS MUC (management des unités commerciales, ndlr).

Je me retrouve beaucoup dans ce jeune passionné, il est pour moi comme un petit frère et je pense qu’il me considère également comme un grand frère. Début décembre 2017 alors qu’il venait d’avoir sa majorité, je l’ai emmené en Thaïlande pour perfectionner sa technique en boxe thaïlandaise.

Une préparation physique mixant haute intensité et méthodes douces

Ce voyage a été un vrai choc des cultures, un dépaysement total pour Esref qui n’avait jamais voyagé hors de France et de Bosnie. C’était également pour lui la concrétisation d’un rêve de gosse. Je l’ai emmené chez mon Maître, dans son village et dans sa famille, en immersion totale dans la campagne thaïlandaise. Nous avons vécu, dormi, mangé muay thaï durant 15 jours, avec 4 heures d’entraînement quotidien du lundi au samedi sous une chaleur de plomb et avec combinaison de sudation.

Nous l’avons poussé au maximum de ses capacités. Il a souffert, ri, perdu le moral, vomi à cause de la difficulté mais il a résisté et il est sorti grandi de cet entraînement. Gonflé à bloc mentalement et prêt à progresser encore. Heureusement, il y a tout de même eu de belles visites des richesses du nord du pays.

Fahem nous a rejoints en début de saison 2017. Il est prometteur aussi. Il a actuellement 23 ans, et arrive de la discipline ju jitsu brésilien qui est un sport de préemption apparenté au judo. Il a de réelles aptitudes dans le muay thaï. Il fait son premier combat le 17 décembre 2017 qu’il a gagné par K.O. au 3ème round. Il disputera les demies finales régionales Auvergne-Rhône-Alpes fin janvier 2018.

Mon rôle de coach consiste à transmettre méticuleusement les connaissances techniques. Je travaille la préparation physique de mes nakmuays, leur préparation mentale. Je dois créer entre eux et moi une relation de confiance. Je suis là pour prendre soin de leur intégrité physique et les amener au meilleur d’eux-mêmes, en optimisant l’efficacité de chacun. Pour certains, j’ai aussi un rôle d’éducateur, je dois être à l’écoute.

Quels sports sont complémentaires pour s'améliorer en muay thaï ?

Pour ma part, je trouve important d’intégrer des éléments du yoga, sophrologie, postures, respiration, visualisation, imagerie mentale, préparation mentale… Ce n’est pas encore automatique en Occident, contrairement à l’approche qui prévaut en Asie.

Mon grand-père est ancien sportif de haut niveau et docteur en yoga. Il accompagne de nombreux grands sportifs en yoga et en préparation mentale. Il est venu animer quelques-uns de nos cours. Je lui suis très reconnaissant de ces transmissions. Et c’est aujourd’hui à mon tour d’en faire autant.

Un entraînement de muay thaï avec musique traditionnelle. © Youtube

CHOK DEE pour mes élèves.

Choc dee signifie en Thaïlandais bonne chance.

 

Un grand merci à Ludovic Giret, surnommé « somchaï » (« celui qui vit ses rêves ») par ses amis thaï. Et « chok dee » à Esref et Fahem ;)


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